samedi 30 juin 2018

La méthode ultime pour écrire un roman SANS plan que vos auteurs préférés utilisent

Photo d'une femme qui tient une machine à écrire

Vous rêvez d’écrire un roman ?

Vous voulez ENFIN raconter cette histoire qui vous hante depuis des mois ? Ou donner vie à tous ces personnages qui peuplent votre imagination ?

Mais… Car il y a un « mais ». Soit vous avez du mal à vous lancer, à organiser toutes ces idées foisonnantes, à planifier votre intrigue. Soit vous faites partie de ceux qui ont griffonné cinquante pages, mais se retrouvent… bloqués.

Dans un ancien article, je vous parlais de la méthode de l’écriture automatique que j’utilise pour écrire mes romans. Une technique puissamment intuitive pour structurer et écrire un livre SANS plan. Sans aucun plan.

Oui, vous avez bien lu. Je vous révèle cette méthode ici.

Mais, d’abord, laissez-moi vous raconter d’où vient cette technique et comment je l’ai découverte.

Le jour où j’ai appris à écrire


Si vous vous êtes amusé à lire ma présentation, vous savez que j’ai longtemps eu du mal. Du mal à écrire.

Non par manque d’inspiration ou de motivation. En fait, je n’arrivais guère à canaliser mes idées.

Je vais même vous faire une confidence. Je faisais des plans très détaillés de mon intrigue, de mes personnages et de mon univers. Je poussais le vice si loin, convaincu de l’efficacité de ma démarche. Ainsi, chaque protagoniste avait droit à ses propres goûts culinaires et son groupe sanguin (!).

Après tout, ne faut-il pas bien connaître ses personnages pour leur donner vie ?

Oui… mais non. La preuve : submergé par les détails et l’envie de bien faire, mes projets étaient au point mort. Jusqu’à…

Jusqu’à ce que je découvre le monde de l’écriture automatique et, un peu plus tard, un ouvrage en anglais : How to Write a Novel with The Paperclip Method. Traduction littérale : Comment écrire un roman avec la méthode du trombone.

Ce livre publié par Michelle Richmond (une auteure américaine à succès) est devenu pour moi une référence, car il met des mots sur les principes que j’appliquais sans même m’en rendre compte. Ces principes ont transformé À jamais ma vision de l’écriture.

Les principes de la méthode du trombone

« Je commence par choisir une idée, fictionnelle ou non. J’essaie ensuite de comprendre ce qui rend cette histoire divertissante ou intéressante. Je me demande surtout pourquoi je veux la raconter. » Dustin Lance Black (scénariste américain)
Vous aurez du mal à me croire. En lisant des interviews, j’ai appris que certains grands artistes utilisaient la technique que je suis sur le point de vous dévoiler.

Alors, ils ne mettent pas forcément de nom sur cette méthode. Mais, ils en appliquent les préceptes.

Voici une vidéo très instructive où Dustin Lance Black, un scénariste oscarisé, explique son processus d’écriture. Il évoque notamment le moment où jaillissent ses idées.


Pour les non-anglophones, voici un résumé de la vidéo.

Après de longues recherches, Dustin Lance Black note les moments de son récit qui, selon lui, pourraient donner lieu à des scènes fortes, insubmersibles. Chacune de ces scènes potentielles a droit à sa propre fiche, classée par un code couleur en fonction de son intérêt (caractérisation, mise en place de l’univers…).

Ensuite, le monsieur réorganise les fiches sur une grande table afin de dégager une structure d’intrigue. Dustin Lance Black ne garde que la substantifique moelle du projet (10 % des fiches). Il poursuit leur réorganisation des fiches jusqu’à parfaire leur enchaînement. Enfin, il finit un premier jet de son scénario, d’une traite (en se souciant peu de la qualité), puisqu’il le retravaillera longuement plus tard.

Jusque-là, vous ne voyez pas où je veux en venir. N’est-ce pas ? Allez, je vous donne deux indices : fragments et intuition. Tout s’éclairera dans les prochaines lignes. Retenez ces deux mots.

Comment écrire un roman SANS plan ?


Selon Michelle Richmond (à qui on doit la méthode du trombone), faire des plans nuit au plaisir de découverte et réduit le champ des possibles. Elle va même jusqu’à affirmer que la planification est le pire ennemi de l’écrivain.

Voici une de ses citations que je vous recommande de lire et relire :
« Un roman est un puzzle. Tout comme un puzzle, vous commencez avec beaucoup de petites pièces. À première vue, il est difficile de discerner leur relation les unes par rapport aux autres. Mais vous y travaillez. Essayez un morceau par-ci, par-là. Lorsque vous trouvez deux pièces qui s’emboîtent naturellement, une image commence à se former. Plus vous assemblez de pièces, plus l’image devient claire. »
Expliquons les deux indices précédents. Selon Michelle Richmond, « un roman est un puzzle » ; c’est donc un ensemble de fragments. « Plus vous assemblez de pièces, plus l’image devient claire. » Traduction : l’auteur doit réorganiser ces fragments pour leur donner sens par son intuition.

Dans la méthode du trombone, l’idée la plus importante qui ressort, c’est que rien n’est figé dans le marbre. La construction se fait progressivement par à-coups, par tâtonnements. Mon exemple avec le scénariste, Dustin Lance Black illustre cet état d’esprit.

Ce dernier commence par un ensemble disparate d’idées, de notes dont il se sert comme base. Ensuite, il les réorganise jusqu’à être satisfait. Il ne fait pas de plan dans le sens strict du terme : c’est-à-dire en rédigeant linéairement un synopsis.

Je vais vous expliquer pourquoi cela change TOUT.

Pourquoi vous devez adopter cette méthode ?


Michelle Richmond (la créatrice de la méthode du trombone) nous explique dans son livre éponyme que lorsqu’elle travaillait sur son deuxième roman, L’année brouillard, elle se sentait perdue. Elle ne savait plus où donner la tête.

Elle a commencé à écrire des petits fragments, d’une à deux pages chacun en rapport soit avec un thème, une intrigue, une scène, un lieu ou un personnage.
« C’est ainsi qu’est née la méthode du trombone. Vous vous demandez peut-être si le trombone est métaphorique. Ce n’est pas le cas. La méthode du trombone nécessite d’utiliser de véritables trombones, sans oublier une imprimante. Je crois fermement que pour façonner un livre, il faut tenir les fragments dans sa main, pas seulement les déplacer sur un écran.

Finalement, vous aurez beaucoup d’éléments juteux. La première page de n’importe quelle pile de feuilles a un indicateur. Dans le cas de mon roman le plus récent, voici quelques catégories : “café”, “mathématiques”, “Graham Greene”, “Amérique du Sud”. Finalement, toutes les piles vont sur le plancher de ma salle à manger.

Le chaos qui s’ensuit ressemble à ceci. »
Photo prise par Michelle Richmond pour illustrer la méthode du trombone
Voici à quoi devrait ressembler votre cuisine...

Plutôt que de vous triturer indéfiniment le cerveau à écrire un synopsis, la méthode du trombone vous permet donc de vous lancer directement dans l’écriture et de laisser libre cours à votre imagination.

À vous de jouer

Photo d'un bébé qui rie

Pour avoir testé et adopté la technique du trombone, je peux vous assurer de son efficacité.

Elle vous permettra de contourner les blocages que les auteurs rencontrent souvent pendant la phase de planification. L’indécision, le manque d’inspiration, la nécessité de trouver la suite à un évènement pour avancer dans l’intrigue...

Le romancier américain Edgar Lawrence Doctorow disait : « L’écriture est une exploration. Vous ne partez de rien et apprenez au fur et à mesure. »

Il n’y a qu’une seule étape pour commencer à écrire votre roman. Commencez, c’est tout. Ne pensez à rien, ni à l’intrigue, ni aux personnages, ni à la fin. Pas pour l’instant. Tout ce qu’il vous faut, c’est une scène. Une scène forte. Asseyez-vous et commencez à écrire cette scène. Ne vous préoccupez pas des détails ou de la qualité. Complétez ce bout d’histoire.

Les meilleures idées arrivent au moment où on s’y attend le moins : c’est-à-dire pendant l’écriture. Une scène engendre l’autre, une description mène à l’autre et ainsi de suite. C’est l’effet domino.

Vous êtes quand même bloqué ? Changez de fusil d’épaule. Entamez une autre scène, une autre intrigue, une autre page. Peu importe la continuité.

Voici un résumé de la marche à suivre.
  1. Écrivez des scènes, des bouts de descriptions, bref tout ce qui vous vient par la tête.
    1. Vous avez une idée de scène forte ? Lancez-vous, sans trop vous soucier des détails.
    2. Vous avez des idées intéressantes, concernant le passé de votre personnage ? Même réponse.
  2. Une fois que vous aurez suffisamment de fragments, rangez-les en piles thématiquement (caractérisation, intrigue, recherches, sous-texte…) et utilisez des trombones pour séparer celles-ci.
    1. Des scènes avec des personnages spécifiques peuvent avoir droit à leurs propres piles.
    2. Regroupez les notes en rapport avec le thème principal de votre roman ou la même intrigue secondaire.
  3. Finalement, relisez vos piles de feuilles et reconstituez votre histoire, comme vous le ferez pour un puzzle !
    1. À la fin, vous aurez assez de pages à étaler sur votre sol, sur une table ou un mur. Il s’agit de placer les pages dans une sorte de grille visuelle afin que l’ordre devienne clair.
    2. Ensuite, vous pouvez commencer à combler les lacunes, à comprendre ce qui manque, ce qui est surabondant, ce qui est brillant et ce qui est boiteux.
Le processus devient presque ludique, intuitif. N’est-ce pas ?

Au départ, les fragments ne semblent pas liés entre eux. Mais, en étant patient et en laissant travailler votre subconscient, vous vous frayerez un chemin vers la sortie, avec un livre sous le bras.

Alors, convaincu par cette méthode ? L’avez-vous déjà testée ?

Si cet article vous a plu et que vous souhaitez plus de précisions, je vous répondrais dans les commentaires.

Bonne écriture, ;)

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