dimanche 17 juin 2018

Débuter un roman : 5 questions à vous poser impérativement avant l’écriture

Photo d'un enfant en pleine réflexion
Par où commencer votre roman ?
Vous est-il déjà arrivé d’avoir une idée ? Une idée géniale.

Ça commence par une image, une image forte. Par exemple, une femme rencontre dans la rue son sosie. Que se passe-t-il ensuite ? Petit à petit, les personnages commencent à se préciser. L’héroïne et son sosie ont des caractères différents : la première est grincheuse, impatiente ; la seconde est plus calme, plus réservée.

Mais, vous ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Les questions se succèdent. Votre histoire commence même à se dessiner… Et si le sosie était en fait poursuivi par une organisation mystérieuse ? Mais, pourquoi donc ?

C’est décidé. Vous tenez votre prochain roman. Vous êtes motivé à bloc. Mais, par où commencer ? Quels sont les facteurs à prendre IMPÉRATIVEMENT en considération pour démarrer sur le bon pied ?

Avant de vous expliquer le pourquoi du comment, laissez-moi d’abord vous raconter une fable, riche en enseignements.

La fable du lion et du rat


(Oui, oui, c’est une fable de La Fontaine.)
« Entre les pattes d’un lion
Un rat sortit de terre assez à l’étourdie.
Le roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu’il était et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.

Quelqu’un aurait-il jamais cru
Qu’un lion d’un rat eût affaire ?
Cependant il avint qu’au sortir des forêts
Ce lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu’une maille rongée emporta tout l’ouvrage.

Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage. »

Cette fable de Jean de La Fontaine est porteuse d’une morale explicite : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ». Le filet est si résistant que la force du lion n’a aucun effet, l’animal a eu beau rugir, griffer, rien n’y fait. Malgré sa petite taille, le rat réussit à le libérer en grignotant les mailles du filet.

Que pouvez-vous retenir de ce récit qui puisse vous servir dans l’écriture de votre histoire ?

Et vous, pensez-vous à ces 5 questions, avant de commencer un roman ?

Dessin représentant une scène de la fable, Le Lion et le Rat, de Jean de La Fontaine
Préférez-vous être le lion ou le rat ?
Il va de soi qu’écrire un roman requiert persévérance et patience. Et si vous ne souhaitez pas vous retrouver à la place du lion, bloqué dans un filet dont vous ne pouvez guère vous échapper, préférez adopter la méticulosité du rat. Lentement, sûrement, posez les bases avant de vous lancer dans ce livre que vous rêvez d’achever.

Si vous ne savez par où commencer, voici 5 conseils d’Aman Anand, un auteur anglais à appliquer, avant de débuter un roman. J’ai pris le soin de les retranscrire ici, car je les trouve très pertinents. Vous trouverez en fin d’article quelques recommandations supplémentaires.

L’avantage de cette méthode, c’est qu’elle vous oblige à prendre le taureau par les cornes, à trancher, à prendre des décisions sur chacun des aspects fondamentaux de votre future création. Si vous répondez aux questions dans l’ordre, c’est comme si vous grignotez les mailles du filet une à une. Cette approche vous aide donc à canaliser votre motivation, au lieu de la disperser.

Voyez-la comme une checklist, une liste de choses importantes dont vous aurez besoin à un certain moment. Déroulons le programme…

1. Pourquoi écrire un roman ?


Trop de jeunes auteurs brûlent les étapes. Ils s’attellent directement à la rédaction d’un roman sans expérience préalable. Ils n’ont jamais écrit de nouvelles ou d’œuvres courtes. Pourtant, cela revient à s’improviser chauffeur de voiture sans avoir pris de cours de conduite. Peut-être que vous pourrez vous débrouiller un certain temps, mais une fois sur l’autoroute, la situation deviendra ingérable.

En effet, ouvrir le chantier d’un roman et en porter le fardeau est une mission presque impossible, sans expérience. Commencez par écrire des bouts d’histoire, des nouvelles, des textes courts. De cette façon, vous pourrez monter en puissance. Progressivement, vous viserez des récits plus longs, plus ambitieux.

Par exemple, une première étape serait de commencer par écrire une scène en particulier de votre roman. Le but, c’est que vous soyez bien conscient des difficultés et des exigences qu’implique l’écriture d’un livre. Seule la pratique vous aidera à vous sentir plus à l’aise.

2. Pourquoi raconter cette histoire et pas une autre ?


Pourquoi aborder ce thème précis ?

Votre motivation doit être profonde. Si vous voulez seulement surfer sur la vague des vampires (car les histoires des vampires se vendent bien), votre approche n’est pas la bonne. Même constat, si vous désirez écrire un roman « sérieux » sur la condition humaine pour asseoir votre légitimité en tant qu’écrivain.

Que nenni ! Écrire un roman pour les raisons susmentionnées serait contre-productif. Il vous sera très difficile de terminer votre livre, si vos motivations sont fausses. Au contraire, écrivez sur quelque chose qui vous tient à cœur vraiment, où vous pensez avoir des choses intéressantes à dire.

Il n’y a rien de plus important que de s’assurer que vous êtes vous-même passionné par ce que vous faites. Croyez-moi, les lecteurs peuvent facilement repérer le cynisme et l’ennui, la sincérité et la fausseté.

3. Quel style d’écriture employer ?


Un élément souvent négligé dans l’écriture d’un livre est le choix du style d’écriture à adopter. En fait, la manière dont vous racontez une histoire, la forme, est tout aussi importante que son contenu, le fond. C’est par la forme (votre Voix, dirait le papa de Dexter) que vous vous exprimez en tant qu’écrivain, car vous avez une liberté totale dans le style employé (certains romans expérimentaux peuvent en combiner plusieurs).

Par exemple, disons que vous travaillez sur un roman, narrant l’ascension et la chute d’un footballeur américain. Que privilégiez-vous, un narrateur à la première ou la troisième personne ? Supposons que vous optez pour la troisième personne. Préférez-vous que le ton du narrateur soit détaché et neutre ou coloré et satirique ? Êtes-vous à l’aise avec ce style d’écriture ? Il faut tenir compte de vos forces et faiblesses, mais aussi vos préférences.

Vous pouvez, comme certains auteurs le font, laisser votre style se façonner pendant l’écriture. C’est une approche tout aussi valable. Toujours est-il que, dans les deux cas, il est nécessaire de créer une voix unique qui attire votre lecteur.

4. Qu’attendez-vous de la première ébauche de votre roman ?


Les auteurs ont tendance à se mettre trop de pression, en écrivant le premier brouillon de leur livre.

Mais, ce n’est qu’après avoir terminé votre premier jet que vous réaliserez qu’il y a toujours une marge de progression, que celui-ci soit bon ou mauvais.

C’est pourquoi il est parfaitement acceptable (et même recommander) d’annoter son manuscrit, en pleine écriture : « insérer une description plus tard » ou « écrire une scène d’amour dans la prochaine version ». En desserrant la pression et en réduisant vos attentes vis-à-vis de votre première version, vous serez plus détendu et donc plus spontané.

5. À qui faire confiance pour avoir une critique honnête de votre premier jet ?


Par expérience, je ne saurais trop insister sur l’importance de trouver un ou deux excellents bêta-lecteurs. Assurez-vous qu’ils sont plus enclins à vous aider dans la construction de l’histoire qu’à s’identifier à vos personnages.

Des bêta-lecteurs fiables constituent un coup de pouce non négligeable. Soyez certain que votre livre s’améliorera de manière significative dans ses prochaines moutures. (Cependant, pas d’inquiétude, si vous ne trouvez pas le bon bêta-lecteur, la première fois !)

À vous de jouer

Souriez à la vie !
Je pense qu’en prenant le temps de réfléchir à chacune des cinq questions, vous serez mieux armé pour gravir la montagne qu’est l’écriture d’un livre. Une bonne organisation n’est-elle pas synonyme de réussite ?

En pratique, une fois que vous avez amassé suffisamment d’idées et de jus, imprimez cette check-list et répondez aux questions une à une. Vous n’aurez pas forcément réponse à tout, en tout cas, dans l’immédiat. Prenez votre temps…

Justement, cette liste de questions vous aidera à ne pas oublier les choses importantes dont vous aurez besoin à un moment ou un autre.

Ce n’est pas un hasard si, dans le domaine de l’aviation, la check-list sert à vérifier si l’appareil est en état d’effectuer la phase de vol suivante. Préférez la patience du rat à la force du lion ! ;)

En bonus


Pour aller plus loin, je serais même tenté de rajouter les deux conseils suivants.

6) Qui sont mes personnages ?


Définissez vos protagonistes. Vous pouvez écrire une description succincte pour chacun d’entre eux voire un historique de deux pages.

Imaginez leurs passés, leurs motivations et la fonction qu’ils remplissent dans votre intrigue. Qu’est-ce qui leur tient le plus à cœur dans la vie ? Qu’est-ce qu’ils veulent ? Qu’est-ce qu’ils redoutent ? Qu’est-ce qu’ils font de leur vie ? De quoi ont-ils besoin ?

N’hésitez pas à en supprimer un, si vous constatez que deux personnages servent le même but (en général, votre protagoniste n’a pas besoin d’avoir plus de deux amis ou deux adjuvants).

7) Où situer l’action ?


Le cadre et la période comptent pour beaucoup et participent à l’atmosphère d’un livre.

Par exemple, raconter votre histoire dans une grande métropole bruyante donnera une tonalité différente à votre récit que si vous situiez l’action dans un petit village. C’est un moyen de différenciation qui peut même servir votre intrigue.

Exemple : un lieu peut apporter des éléments d’explications quant au comportement de vos protagonistes. Il se peut que vos personnages vivent dans un lieu hostile et, de ce fait, soient par nature suspicieux. Et ainsi de suite.

En complément de cet article, vous pouvez lire cet article qui explique une méthode pour corriger un roman.

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